LE FOIE GRAS

La vérité sur le gavage

source : L214

 

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La production de foie gras implique la naissance de 82 millions de canetons par an et 700 000 oisons. Par définition du foie gras, le gavage est obligatoire (art. L. 654-27-1 du code rural).

 

Les canetons ou oisons naissent dans un couvoir : les œufs sont placés sur des chariots dans de grandes armoires à incubation.

Chez les canards, seuls les mâles sont gavés, l’utilisation des femelles est interdite. Le foie des femelles est trop nervé. Les oisillons sont donc triés par sexe dès leur sortie de l'œuf. Il existe deux techniques pour le faire, soit par autosexage (pour certaines souches, la sélection génétique permet de différencier mâles et femelles par une tâche noire sur la tête des animaux), soit par retournement du cloaque.

Les femelles mulardes sont généralement éliminées (par broyage) après leur naissance.

À un jour, les canetons sont transportés dans un élevage qui les mènera jusqu’à la phase de gavage à l’âge de 80 jours environ.

 

Le gavage consiste à administrer de force à l’aide d’un tuyau enfoncé jusqu'au jabot de l’animal des aliments en grande quantité, près d'un kilo à la fois en général,  très énergétiques et déséquilibrés. Cette opération prend 45 à 60 secondes avec la méthode artisanale. Elle ne prend que 2 à 3 secondes avec la méthode industrielles (largement prédominante) de gavage à la pompe hydraulique ou pneumatique.

Les oiseaux sont gavés deux fois par jour.

 

En France, 60% des canards sont enfermés dans des cages de batterie où ils ne peuvent ni se lever, ni se retourner, ni étendre leurs ailes.

La recommandation de 1999 interdit l'usage des cages individuelles (la France n'applique pas cette recommandation…) Comme alternative à la cage individuelle, il existe la cage collective mais elle n'est pas conforme aux termes de la recommandation.

 

D'autres sont enfermés dans des parcs, utilisés pour les oies également.

 

Suite au choc du gavage, l’animal est pris de diarrhées et de halètements.

Le fonctionnement du foie est perturbé, l'animal a du mal à réguler la température de son corps, il développe une maladie appelée stéatose hépatique.

En outre, les dimensions de son foie hypertrophié qui atteindra presque 10 fois son volume normal, rendent sa respiration difficile, et ses déplacements pénibles.

Les sacs pulmonaires sont compressés, le centre de gravité de l’animal est déplacé.

 

En période de gavage, les canards sont enfermés sur des sols durs (grillage, caillebotis…), ils développent des infections aux pattes appelées dermatites.

 

Outre la longue liste des maladies, troubles et le malaise général des animaux gavés et encagés, les statistiques de mortalité trahissent l'état de santé des animaux suralimentés.

Le rapport de 1998 du Comité Scientifique vétérinaire mandaté par la commission européenne mentionne même des taux de 10 à 20 fois plus élevés en gavage qu'en élevage.

 

Au bout d'une douzaine de jours de gavage, les oiseaux sont alors emmenés à l'abattoir dans des caisses où ils sont entassés.

 

Ils sont étourdis par électronarcose puis saignés. Il arrive fréquemment que les oiseaux se réveillent avant ou en cours de saignée.

 

Ils sont ensuite plumés, éventrés, vidés, leur foie est prélevé est conditionné pour être consommable.

 

 

 

  La position de différents pays d' Europe sur le gavage :

 

  Le gavage est interdit par la loi en  : Allemagne

                                                      Autriche

                                                      Danemark

                                                      Finlande

                                                      Irlande

                                                      Italie

                                                      Luxembourg

                                                      Pays-Bas

                                                      Pologne

                                                       République Tchèque

 

   Il est interdit de fait et donc inexistant au Royaume Uni

                                                       et en Suède

 

  QU' ATTENDONS NOUS,  EN FRANCE, POUR REFUSER AUSSI CETTE HORREUR ?

 

  A TITRE INDIVIDUEL, NOUS POUVONS, AU MOINS, REFUSER D' EN MANGER ET D EN METTRE A NOTRE TABLE !

 

  Du Foie Gras sans gavage

  source : Le Monde ( 12 / 2013 )

 

Dans la prairie vallonnée, peuplée de chênes, de figuiers et d'oliviers, du domaine agricole d'Eduardo Sousa, à Pallares, un village de 400 habitants situé en Estrémadure (Espagne), un millier d'oies se promènent en liberté. Elles courent dans la dehesa (des pâturages en sous-bois), mangent avidement glands et lupins, s'envolent jusqu'au parc naturel de Doñana, en Andalousie, à une centaine de kilomètres de là, et reviennent.

Elles finiront en foie gras. Mais jamais, avant l'abattage, elles n'auront été gavées ni privées de liberté. La Pateria de Sousa est la seule exploitation de foie gras bio homologuée en Europe, et sans doute dans le monde. Eduardo Sousa, corpulent fermier à l'accent prononcé, assure pourtant ne pas être un militant écologiste.

S'il produit du foie gras « éthique », c'est parce qu'il « ne sait faire que ça », confie-t-il dans un bar de Madrid, où il est venu participer à une réunion de l'Association nationale de producteurs d'aliments éthiques (Anpae) et parler de son projet de créer une salle de sacrifice éthique « pour qu'aucun animal ne souffre lors de l'abattage ».

 

SAVOIR TRANSMIS DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION

 

Il a hérité de l'exploitation agricole de son père et, par la même occasion, d'un savoir transmis de génération en génération depuis 1812. Faire du foie gras sans gavage revient en effet à profiter d'un mécanisme physiologique naturel. Avant de migrer, les oies et les canards sauvages accumulent spontanément des réserves de graisse.

Pour parcourir 5 000 voire parfois 10 000 kilomètres, il leur faut de l'énergie. Or la synthèse des lipides se fait dans le foie, où l'accumulation de la graisse, la stéatose, est plus ou moins importante selon les espèces. « La stéatose hépatique est un phénomène naturel, une réponse physiologique normale à une activité boulimique intense. D'ailleurs, des chasseurs ont rapporté des cas d'oies ou de canards sauvages présentant des foies gras », rappelle Daniel Guéméné, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA).

Le défi n'est cependant pas mince pour Eduardo Sousa. « Pour qu'elles développent naturellement un foie gras, les oies doivent conserver leur instinct, explique le producteur avec une passion contagieuse. Elles doivent être sauvages ou croire qu'elles le sont toujours. Un oison né en couveuse ne nous donnera pas de foie gras. »

 

PARADIS POUR OIES

 

Nées et élevées en liberté, préservées au maximum des contacts avec les êtres humains, ses oies doivent donc amasser de la graisse comme si elles se préparaient à migrer… mais ne pas le faire. Comment ? « Il faut qu'elles aient envie de rester », résume M. Sousa, qui rechigne à dévoiler ses « secrets ».

Situé sur un couloir de migration, son domaine a tout du paradis pour oies. Les 200 hectares d'Eduardo Sousa, ajoutés aux domaines voisins, qui appartiennent à des proches, permettent à son millier d'oies de disposer de 500 hectares de terrain. Elles s'y nourrissent de glands et de lupins, mais aussi de figues, d'olives et d'herbe. Une alimentation à laquelle s'ajoute, un mois avant l'abattage, du maïs bio qu'Eduardo Sousa fait venir de France et leur jette le soir, dans la pénombre.

Six hectares de ce terrain sont entourés d'une clôture électrifiée, pour les protéger des renards, des fouines et des genettes. C'est là qu'elles vont dormir. Et « parce qu'elles préfèrent s'accoupler dans l'eau », Eduardo Sousa leur a aménagé un lac. Mais son véritable secret, ce sont les « ailes-cassées » : des oies qui ne peuvent plus voler depuis qu'elles ont été blessées par des animaux sauvages.

 

GESTION DU CALENDRIER

 

« Au lieu d'être marginalisées au sein des familles d'oies, ce sont elles qui soudent le groupe, elles qui sont les meilleures mères, elles qui persuadent les mâles de ne pas partir en les laissant seules », affirme-t-il, assurant même pouvoir compter sur des « ailes-cassées professionnelles », d'irrésistibles séductrices qui lui permettent de conserver presque toutes ses oies.

« Entre celles qui migrent et celles qui se font manger par les prédateurs, je perds environ 10 % de mes oies chaque année, reconnaît-il cependant. C'est mon impôt à la nature. » Celle-ci peut aussi lui réserver de bonnes surprises. « Parfois, une famille d'oies migre et revient à la saison suivante, plus nombreuse, raconte-t-il. D'autres fois, mes oies, au passage d'un vol de congénères sauvages, les appellent en battant des ailes, parviennent à en attirer sur le domaine et à les convaincre de rester. »

La gestion du calendrier peut aussi lui échapper. Cette année, comme la précédente, il n'y a pas eu de foie gras pour Noël : les premières gelées se font attendre et les oies tardent à faire leurs réserves. « Auparavant, je faisais le foie gras vers la fin octobre, mais, ces dernières années, le climat s'est adouci et les oies font leurs réserves de graisse de plus en plus tard, en janvier ou février », explique-t-il.

Quand vient le temps de l'abattage, c'est toute une mise en scène qui est montée pour qu'Eduardo Sousa et une poignée de travailleurs n'effraient pas les oies, qui pourraient s'envoler si elles percevaient le danger.

 

400 KG DE FOIE GRAS PAR AN EN MOYENNE

 

« Nous devons attendre une nuit sans lune, très noire, raconte-t-il. Nous marchons avec une petite cloche dans une main, pour leur faire prendre le bruit de nos pas pour celui des vaches, et avec une lampe LED dans l'autre main, parce que la lumière les hypnotise. On les attrape et on les emmène dans une salle où on les endort avec du gaz carbonique avant de les égorger. »

L'exploitation fournit 400 kg de foie gras par an en moyenne, qui sont vendus à Dubaï, à la Maison Blanche ou à la maison royale espagnole avant même d'être produits, malgré un prix de 163 euros les 180 grammes : le prix de l'éthique, comme inscrit sur l'étiquette des produits de la Pateria de Sousa, et de la rareté.

Même si des chercheurs de l'INRA confirment qu'il est possible d'obtenir du foie gras d'oie sans gavage, « les résultats sont très hétérogènes, aussi bien en ce qui concerne la taille des foies que le temps nécessaire pour obtenir le foie gras », souligne Daniel Guéméné, selon qui « envisager une production au-delà d'un cadre confidentiel n'est pas envisageable pour le moment ».

Eduardo Sousa épargne toujours une centaine d'oies, pour que leurs oisons naissent sur l'exploitation. Chaque femelle peut pondre jusqu'à vingt œufs, ce qui permet au producteur de renouveler son cheptel chaque année. « Mes oies naissent et meurent heureuses », assure-t-il

 

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